L'Amistice du 11 novembre 1918 par-delà les générations

Publié le par Le Ternois de service

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À onze ans, Charles Carlier portait ce jeudi 11 novembre 2010 le drapeau de Rhin et Danube. Dans le cortège des porte-drapeaux qui ont clôturé les cérémonies commémoratives du 11 novembre au parc Sellier, il était assurément le plus jeune à défaut d’être le plus petit car du haut de ses 85 ans, son voisin Charles Goulard qui porte, lui, le drapeau des cheminots anciens combattants de 1914-1918, n’a guère pour ce qui est de la taille que l’épaisseur de son béret à faire valoir en supplément.

D’un Charles à l’autre, il y a égalité; égalité surtout, devant la mémoire collective que l’un reçoit de l’autre pour la transmettre à son tour un peu plus tard à un gamin qui peut-être ne sera pas plus grand que lui.

Charles Goulard, on le connaît bien à Tergnier.Il ne faut surtout pas se fier à sa taille : à même pas vingt ans, ce concentré de grand homme s’engageait pour bouter l’occupant hors de France jusque dans ses retranchements à Berlin.

Charles Carlier en revanche, on l’a découvert jeudi.

Comment en est-il arrivé à porter le drapeau de Rhin et Danube?  « J’avais envie à l’occasion de l’armistice » répond t-il le plus simplement du monde.

Pas d’antécédants familiaux; pas de prédispositions particulières à la parade…

« Il devait chanter la Marseillaise avec les élèves de l’école Pasteur à Quessy cité; ses parents m’ont téléphoné pour savoir s’il était envisageable qu’il aille un peu plus loin dans l’hommage explique le président du comité d’entente des anciens combattants Philippe Delville.

Lui, se félicite et encourage cette initiative. « Si d’autres enfants veulent porter un drapeau, il suffit qu’ils nous le fassent savoir ».

Plus que de devoir de mémoire, c’est de partage dont il s’agit ici.

 

Les cicatrices de la ligne Hindenbourg

 

Comment expliquer ce sens du partage par delà les générations?

C'est peut-être que Tergnier, comme toutes ces communes qui se trouvaient sur le tracé de la ligne Hindenbourg, a souffert de la Grande guerre par delà l'Armistice au point d'en partager les séquelles et les conséquences longtemps après.

Vaste système de fortifications entrepris par l'Armée allemande durant l'hiver 1916-1917, la ligne Hindenbourg consista à éliminer toute trace de vie sur une bande de 160 kilomètres de longs et de plusieurs kilomètres de large, depuis le nord de la France près d'Arras, au Sud de l'Aisne près de Soissons. Pour placer toute tentative adverse de reconquête en terrain découvert, l'occupant a tout simplement décidé de pratiquer la politique de la terre brûlée en dynamitant systématiquement toutes les constructions et cela donne ceci...

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L'actuel boulevard Gustave Grégoire avant la guerre...

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Le même après la guerre...

Et le reste est à l'avenant...

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