La confrérie des Maqueux d'saurets, ou l'apologie des choses simples

Publié le par Le Ternois de service

1-2004DCliquez sur la photo pour accéder à l'album...

 

Avec leur béret, leur chemise orange, leur cape verte et leur plastron métallique représentant un squelette de sauret, ils ont l’air de figurants de La soupe aux choux égarés sur le plateau de Papy fait de la résistance et pourtant, la naissance de la Confrérie des Maqueux d’saurets est le fruit d’une rencontre très sérieuse entre le folklore local et les impératifs de transparence dans la gestion des deniers publics.

Officiellement créée le 17 mars 2006 afin de bien distinguer ce qui, dans les subventions municipales, était destiné à l’organisation de la fête annuelle des Maqueux d’saurets et ce qui alimentait, à l’extérieur de Tergnier, la représentation du folklore ternois, la Confrérie vit officieusement le jour trois ans plus tôt.

C’était en mai 2003. La fête annuelle des Maqueux d’saurets bat alors son plein. Chaque fin de printemps, elle vise pour une armée de bénévoles de conditions très diverses à rassembler les tranches les plus diverses elles-aussi de la population locale dans une grande fête carnavalesque marquée du sceau de la gratuité. Toute l’après midi, les enfants jouent sans que les parents soient contraints de compter. Toute l’après midi, Tergnier offre aux siens une petite tranche de bonheur qui s’achève le soir en musique autour de tables dressées en plein air sur lesquelles un sauret grillé au barbecue et agrémenté d’une pomme de terre et d‘oignons, rassemble toutes les générations, toutes les religions, toutes les sensibilités et surtout – miracle de la gratuité -toutes les conditions. Une fois l’an, les Ternois se lâchent et se laissent aller à ne plus faire qu’un.

C’est l’essence de cette fête que Jean-Marc Bacot veut en ce printemps 2003 distiller dans toutes les circonstances où il sera donné aux piliers bénévoles de la fête de faire l’apologie du sauret.

 

Du Rhin à Montmartre

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La première fois, ce sera en juillet 2005 à Wolfhagen, ville allemande jumelle de Tergnier où nos premiers «  confrères informels » se révéleront être les dignes successeurs de Milord l’Arsouille.

La greffe prend mais gare à ne pas épuiser la sève de la fête des Maqueux d’saurets : à contextes différents, moyens différents et structures distinctes. Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place : la confrérie se dote en mars 2006 donc, d’une vraie structure associative qui lui permet de donner libre cours dans les règles de l’art à ses rêves de conquête festive.

Sa première grande percée en terre inconnue, elle la fera au pied du pont du Gard en avril 2009, lorsque quelques confrères rendront une visite tonitruante à Christophe Quelin, l’un des leurs parti s’installer dans le Sud à Collias, petite bourgade de 975 âmes. Débarquement en gare du Nîmes à l’heure de l’apéritif, intronisation du maire, grillades de saurets et bal public : une vraie petite fête comme chez nous au beau milieu d’une population d’abord incrédule, puis curieuse et finalement conquise.

Sa citation à l’ordre du patrimoine culturel, c’est aux portes de la capitale néanmoins que la confrérie la gagnera en octobre 2010. Le 9 octobre très exactement.

C'est une première dans l'histoire de Tergnier: la confrérie des Maqueux d'saurets représente dignement ce jour là la cité cheminote au coeur de la 77e fête des vendanges de Montmartre.

Deux des siens, à savoir le Grand commandeur Jean-Marc Bacot et Daniel Maillard sont aux premières loges dès le milieu de matinée lors de l'ouverture du ban des vendanges dans la vigne du Clos de Montmartre par le président de la « République de Montmartre » et le maire du XVIIIe arrondissement Daniel Vaillant, aux côtés des représentants de la cinquantaine de confréries qui ont convergé depuis toutes les régions de France sur la capitale pour l'occasion.

Tout ce beau monde partage ensuite le repas champêtre géant avant de porter haut leurs couleurs respectives dans un défilé constitué de prés de 1500 personnes.

 

Dans les pas de Milord l'Arsouille

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De retour à Tergnier, Jean-Marc Bacot conservera longtemps le souvenir de cet habitant de Montmartre qui «  de toute sa vie n’avait jamais vu un barbecue à roulettes sillonner les rues de sa belle ville ».

« Aucun ne savait où se trouvait Tergnier et très peu avait auparavant déjà mangé du sauret » note t-il, incrédule à son tour.

Le contact avec la République de Montmartre a été établi par l'entremise du Jardin du cheminot. «Le président Jean-Jacques Hympens prend régulièrement part à ces vendanges festives. Il m'a invité voici deux ans à le suivre et j'y ai découvert que les Maqueux d'saurets y avaient tout à fait leur place » raconte Daniel Maillard.

De fait, la démarche des vendangeurs de Montmartre présente bien des similitudes avec celles des Maqueux d'saurets.

Dans les deux cas, il s'agit de revendiquer les us et coutumes issus de leurs racines. Dans les deux cas, il s'agit de pied de nez à la grisaille quotidienne. Dans les deux cas encore, il s'agit de festoyer sans barrière d'âge, d'origine ou de classe.

Née en 1921 de la réponse caustique d'un groupe d'artistes ( dont le fameux dessinateur Poulbot) à l'invasion du modernisme, la « République de Montmartre » s'est très vite investie dans le secours aux nécessiteux de la commune. C'est afin de préserver son cadre de vie d'un projet de lotissement qu'elle acquit en 1929 le terrain devenu vignoble et dès 1934, le président de la République Albert Lebrun y inaugurait les premières vendanges.

Unique à Paris, le rendez-vous est devenu depuis un carrefour de la culture, de l'humour, de la convivialité et de la gastronomie.

Les Maqueux d'saurets ont d'ailleurs emmené dans leurs bagages quelques kilos du précieux met tout droit venu de Boulogne, et leur cantine cela va de soi, pour faire goûter au public parisien ce que fut le « steak ternois » à une époque où la viande était bien trop onéreuse pour être quotidienne. C’était l’époque de Milord l’Arsouille et des grands carnavals dans lesquels le peuple laborieux se lâchait ponctuellement ; l’époque où l’on évacuait le surplus de pression dans la fête ou dans la révolution.

 

 

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titi coq 03/12/2010 08:38


et voila, c'est arrivé !
Bon , ben maintenant il faut la parité !!!!