Michel Lopez: le fils d'épicier devenu bâtisseur

Publié le par Le Ternois de service

063L'histoire d'amour qui unit Tergnier à la musique n'est pas seulement celle d'une association – si réputée que soit l'Union musicale. Elle est d'abord celle d'un homme dans un contexte.

Michel Lopez avançait dans sa douzième année en 1952 lorsque son père, épicier, lui demanda ce qu'il aimerait faire.

"De la musique, lui ai-je répondu. J'écoutais beaucoup de musique. Mon père lui-même s'était acheté un accordéon diatonique avec lequel il aimait faire danser".

C'était l'époque où l'on aimait se retrouver le week end venu pour s'amuser, pour partager en musique. Lui-même, Michel Lopez, a beaucoup fait danser.

"J'ai joué dans beaucoup d'orchestres. Même dans celui de Radio Luxembourg; on accompagnait alors les artistes qui chantaient en direct."

Mais cela, ce fut un peu plus tard car d'abord, le jeune Michel Lopez eut à faire ses premiers pas en musique. Il tâta du saxo sous la conduite d'un professeur privé qui brilla par son humilité.

"Il estimait que mon niveau ne l'autorisait pas à me garder sous sa coupe".

Ce fut alors le conservatoire de Saint-Quentin." Le directeur de l'époque, Fernand Amadio, par ailleurs excellent musicien et lui-même compositeur, s'est intéressé à moi. Tu as l'oreille absolue, me dit-il; mais je ne savais pas de quoi il s'agissait alors il m'a expliqué."

Michel Lopez découvrait qu'il possédait cette capacité rare, même; chez les musiciens, à mémoriser et reconnaître entre toutes une note en fonction de sa fréquence.

En fait, Michel Lopez se découvrait lui-même au travers de la musique.

Il se souvient notamment de sa première répétition au sein de l'Union musicale et des Cheminots réunis."J'étais précédé d'une réputation de fameux musicien et je crânais un peu mais en vérité, je n'ai rien vu de la répétition. Je suis rentré chez moi en larmes en me disant que j'étais vraiment nul."

Michel Lopez avait intégré l'ensemble ternois un peu par hasard. "A l'époque directeur, M. Verdez, m'avait entendu répéter depuis l'épicerie où il était venu faire quelques achats. Il a demandé à me rencontrer et m'a convaincu d'apporter ma contribution à l'ensemble musical local."

"Nul", Michel Lopez ne l'était évidemment pas. Comment expliquer dans le cas contraire son parcours fulgurant au sein du conservatoire de Saint-Quentin où il fut couronné du prix d'excellence à l'âge de seize ans et demi? Faites les comptes : cela représente en l'espace de trois ans et demi un cycle de dix années d'apprentissage " classique" de la musique.

Depuis Saint-Quentin, il gagna le conservatoire de Lille qui," alors, accueillait un millier d'élèves voués aux carrières musicales."  Une époque riche entre toutes pour ce jeune ternois qui grandit là bas au contact de quelques-uns uns des plus grands noms de la musique.

Il se souvient de Maurice Martenot, le génial inventeur des Ondes Martenot, mais aussi et surtout de son professeur Eugène Bozza, grand prix de Rome. Entre le professeur et son élèves se tissèrent des liens très étroits.

"Il me donnait plein de conseils, y compris d'ordre personnel. Tu n'es pas un simple musicien, tu as une âme de bâtisseur!" me disait-il. L'Histoire allait lui donner raison.

C'est en 1976 qu'il allait couler ses propres fondations à Tergnier à la tête de l'Union musicale, fruit de la fusion de deux sociétés qui se partageaient alors le terrain.

 

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Mai 2003- Sous la baguette de Michel Lopez, 1200 musiciens réunis à Fargniers à l'occasion d'un festival départemental.

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