Six églises en cent ans

Publié le par Le Ternois de service

Six : c’est le nombre d’églises érigées à Tergnier en l’espace d'à peine plus d'un siècle.

Cela vaut bien une explication : Tergnier ne fut longtemps qu’un hameau de Vouel situé sur la fameuse carte de Cassigny (1792) entre Vouel, Fargniers et Quessy par une indication qui semble lui conférer une importance semblable à celle de la Frette.

Lorsqu'est diffusée cette carte de Cassigny, une petite révolution vient néanmoins de se produire dans le sillage de la grande : la nomination en 1790 d’un chef séculier libère le «hameau » de l’autorité religieuse et lui ouvre progressivement la voie de l’autonomie administrative.

Celle-ci interviendra en 1823 lors de l’élaboration du plan cadastral qui ampute partiellement les territoires de Vouel et Fargniers pour constituer celui de Tergnier, bourgade de 220 habitants désormais placés sous l’autorité préfectorale.

L’indépendance spirituelle néanmoins, reste à conquérir et les Ternois continuent alors à enterrer leurs défunts au cimetière de Vouel.

Il faudra attendre l’édification en 1848 de la première église pour que Tergnier dispose enfin également de son cimetière.

 

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Une carte postale très ancienne qui témoigne de la modestie de ses dimensions la situe Place Chanzy, ce qui semble t-il, correspond à l’actuel angle des rues Racine - dans le prolongement de la rue des Quatre fils Paul Doumer - et de Chateaudun, véritable cordon ombilical entre la commune souche de Vouel et la nouvelle entité communale.

Mais nous sommes au milieu du XIXe siècle or le cours de la vie ternoise enregistre à ce stade une brutale accélération avec l’arrivée du chemin de fer suivie de la construction des ateliers du matériel ferroviaire.

De 258 habitants avant la construction de la première ligne en 1850, la population ternoise passe en 1900 à 4000 habitants que la première et petite église ne peut décemment accueillir.

Une nouvelle église aux dimensions mieux adaptées à la réalité démographique a donc été construite lorsque Tergnier aborde le XXe siècle.

Elle est située rue Victor Hugo, à hauteur des bâtiments qui hébergent aujourd’hui les Restos du cœur et la Croix rouge.

 

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Signe distinctif : son clocher « provisoire » en bois érigé sur le flanc du bâtiment selon le même principe que celui qui présidera à l’édification de l’église suivante. Car la «  nouvelle église » de Tergnier n’est pas épargnée par la destruction massive et systématique des bâtiments opérée durant l’hiver 1917 par l’Armée allemande sur ce qui devient la ligne Hindenbourg, un vaste espace découvert censé fragiliser toute tentative alliée de reconquête du territoire.

Libérée de ses occupants au terme de l’offensive victorieuse de l’été 1918, Tergnier devra donc se construire à nouveau une église. Ce sera rue Victor Hugo encore mais un peu plus à l’Ouest, face à la nouvelle mairie elle aussi à construire car l’ancienne, située à l’angle de la rue de la Mairie ( actuelle rue des Quatre Fils Paul Doumer) et de la rue Victor Hugo – c’est-à-dire sur le site de l’actuelle église), n’est plus qu’un amas de pierres.

 

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La tâche est immense ; le chantier s’inscrit dans la durée. Dans l’attente d’une nouvelle mairie qui sera inaugurée en 1930 en vis-à-vis de l’ancienne par le président du Sénat et futur président de la République Paul Doumer, une mairie provisoire est érigée dans l’espace de l’actuel parc Sellier jusqu’alors occupé par des jardins. Une église, elle aussi provisoire, doit être dressée.

Les témoignages recueillis sur le sujet ne sont pas formels quant à son emplacement mais il semble qu’elle ait été aménagée dans le prolongement de la rue de Chateaudun, à mi-chemin entre Tergnier et Vouel, et qu’elle ait accueilli – comme jadis mais cette fois à titre provisoire – les communautés catholiques des deux communes.

La troisième église ternoise est donc érigée à titre provisoire pour assurer la continuité du culte entre la deuxième et la quatrième, érigée sur le site de l’ancienne mairie.

Conçue – comme la gare – en béton, cette quatrième église, de forme ovoïde, semble être en mesure de défier le temps mais ce serait compter sans la folie des hommes.

Durant la seconde guerre mondiale, une bombe y pénètre par le grand vitrail sud.

 

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Les vitraux sont soufflés ; la structure est ébranlée. Seul le clocher, érigé sur son flanc ouest, est sauf. La quatrième église doit être rasée et les catholiques ternois doivent une nouvelle fois se replier sur un lieu de culte provisoire ; une cinquième église en quelque sorte, en attendant la sixième, reconstruite au même emplacement.

 

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